Directive sur les travailleurs détachés : échec cuisant pour Macron et rapport accablant de la Cour des Comptes !

Directive sur les travailleurs détachés : échec cuisant pour Macron et rapport accablant de la Cour des Comptes !

Communiqué de presse de Nicolas Bay

Emmanuel Macron aurait dû s’abstenir : en reprochant aux députés européens RN de ne pas avoir voté les ajustements à la directive détachement des travailleurs, le Président de la république met d’autant plus en lumière l’un de ses cuisants échecs sur la scène politique européenne où son isolement est chaque jour plus évident.

En effet, Il avait effectué une tournée fanfaronnante en Europe de l’est expliquant avoir obtenu des avancées et le Parlement européen avait adopté en juin 2018 une révision de la directive européenne de 1996 instaurant le travail détaché. Cette révision, vue par certains commentateurs excessivement bienveillants comme la « première victoire européenne » d’Emmanuel Macron, n’aura aucun effet puisque les cotisations sociales que doit payer l’employeur d’un travailleur détaché demeurent celles du pays d’origine, générant ainsi toujours plus de concurrence déloyale et d’injustice sociale.

Tant que le travailleur détaché ne représentera pas le même coût qu’un travailleur français, le dumping social et fiscal ne fera que prospérer et continuera de précariser les salariés. Avec cette prétendue réforme, à poste égal, un salarié d’Europe de l’est détaché en France (salaire français mais charges du pays d’origine) coûte toujours moins cher qu’un salarié français ce qui constitue, en pratique, une véritable préférence étrangère à l’emploi dans certains secteurs.

Dans son rapport annuel publié mercredi 6 février, la Cour des comptes estime que de nombreuses entreprises qui emploient des travailleurs détachés fraudent, notamment en ne les déclarant pas. Alors qu’elle estime que le nombre de salariés détachés déclarés dans l’hexagone serait passé de 354.000 en 2016 à 516.000 en 2017, soit une hausse de 46% en un an, les abus persistent.

Le rapport pointe ainsi du doigt « la fraude à l’établissement », c’est-à-dire la création de sociétés « coquilles vides » installées artificiellement dans un pays tiers : en plus de la « concurrence sociale déloyale », ces entreprises « évitent le paiement des impôts et des cotisations sociales sur le territoire national ».

Plutôt que de mettre en scène des ajustements laborieux et des réformes inutiles à la directive sur le travail détaché, il faut l’abroger !

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